RACINE²

Contraint au silence, l’historiographe du Roi aurait-il gardé son secret ?

Nous sommes en 1687, à Paris chez Jean Racine. Il ne produit officiellement plus rien pour le théâtre depuis Phèdre, il y a dix ans et galope tous les soirs jusqu’à Versailles. Phraate, tragédie de Jean-Galbert Campistron vient brutalement d’être retirée de l’affiche ; quelques mois plus tard, la troupe de la Comédie Française sera chassée de l’Hôtel Guénégaud.

Une visite de Jeanne Beauval de la Comédie Française, détentrice du rôle principal, comédienne exubérante désespérée par l’annulation des représentations, vient interrompre le cours tranquille des jours de l’écrivain de la Cour. Visite incongrue pour Racine mais non dénuée de charme et de tentations… il accepte de la revoir. Il la connaît bien. C’est elle qui a créé le rôle d’Oenone dans Phèdre, un grand souvenir du temps de ses succès et de ses passions. Que sait-elle ? Les intérêts de l’auteur, les tensions politiques et privées ne se conjuguent pas avec l’émotion que lui provoque cette visite. L’homme est marié, rangé, placé au plus haut mais pas encore vieillard, n’ayant rien abandonné de ses anciennes séductions.

En lui demandant d’intercéder auprès du Roi pour le maintien de la troupe, la comédienne va piéger le manipulateur… Obtiendra-t-elle des aveux ? Des serments ? Les cherche-t-elle ? Dans le flot de son exaltation, oublie-t-elle que chez Racine la passion n’est pas l’amour ? Ce Racine-là, elle ne le connaît pas, c’est un inconnu, un auteur nouveau, double, drôle, surprenant. Un mystère.

Ce spectacle est une enquête référencée et ludique à la découverte des tragédies inédites d’un homme double.

Grâce aux récentes recherches des spécialistes, aux performances informatiques, les algorithmes d’attribution des textes révèlent quatorze nouvelles tragédies à ajouter au corpus racinien. La science au service du théâtre. Ce théâtre qui retrouve le chemin du théâtre. Support ludique, il met Racine sous un faisceau d’indices au cœur de l’intrigue, il devient outil de connaissance et d’interrogations.

Valérie Durin est LAURÉATE DES ÉDITIONS DU OFF 2015

« Elle le pousse dans ses retranchements, s’entête et découvre ce qui risque de dérouter bientôt : Racine a-t-il usé de prête-noms pour poursuivre son œuvre ? (…) La pièce de Valérie Durin interprétée avec force et brio ne manquera pas d’échos. » L’YONNE RÉPUBLICAINE

« Officiellement, Jean Racine abandonne le théâtre en 1677 lorsqu’il se marie et entre au service du roi Louis XIV. Pourtant, de nombreux indices montrent que son activité théâtrale se poursuit. En 1695, Dominique Colonia, auteur dramatique, affirme qu’il continue à produire des pièces et que Jean Galbert Campistron est son prête-nom.
L’attribution d’auteur par ordinateur confirme ces soupçons : vocabulaire, prosodie et style indiquent qu’une plume unique a composé les tragédies parues successivement sous les noms de Jean Racine (entre 1667 et 1677) puis de Jean de La Chapelle (1681-1684), enfin de Jean-Galbert Campistron (1683-1695). Au total 14 tragédies s’ajoutent au corpus racinien.
Les contemporains ne s’étaient donc pas trompés en faisant un triomphe aux pièces de La Chapelle puis de Jean-Galbert Campistron, notamment CléopâtreAndronic et Tiridate qui sont restées au répertoire de la Comédie française jusqu’à la Révolution.
Valérie Durin a choisi un épisode étonnant de ces collaborations : Phraate, tragédie critiquant la mésalliance de Louis XIV avec Mme de Maintenon.
Toutes nos publications concernant cette production méconnue de Jean Racine sont accessibles en ligne gratuitement sur le réseau researchgate et dans les Archives Ouvertes (HAL-SHS) du CNRS. »
Dominique Labbé (chercheur au CNRS – laboratoire PACTE – Grenoble).

Production et soutiens : Arrangement Théâtre, coproduction Le Skenet°Eau, Conseil Départemental de l’Yonne
Crédit photo : Peterbut.fr


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